Rats dans la maison : repérer leurs accès et les bloquer avant l’hiver
L’essentiel à retenir
- L’automne est la période où les rats cherchent à entrer dans les habitations pour y passer l’hiver au chaud.
- Une ouverture de la taille d’une pièce de 2 € suffit à un rat pour se faufiler.
- La mousse expansive seule ne sert à rien : les rongeurs la grignotent en quelques nuits.
- Au-delà de quelques traces isolées, une infestation installée se traite avec un professionnel.
Des grattements dans le plafond en pleine nuit, un sac de croquettes percé au garage, de petites crottes noires derrière la machine à laver… Chaque automne, avec les premiers froids, les rats quittent jardins, berges et égouts pour se rapprocher des habitations, où ils trouvent chaleur, nourriture et abri. Les empêcher d’entrer coûte bien moins cher, et demande bien moins d’efforts, que de les déloger une fois installés. Voici comment repérer leurs accès et les condamner durablement.
Pourquoi les rats entrent dans les maisons à l’automne
Dès que les températures baissent, la nourriture se fait rare à l’extérieur : plus de fruits tombés, moins de graines, moins d’insectes. Les rongeurs cherchent alors un endroit sec et tempéré pour construire leur nid et passer l’hiver. Une cave, un vide sanitaire, un garage encombré ou des combles mal isolés leur conviennent parfaitement.
Deux espèces se partagent le terrain en France. Le surmulot, ou rat d’égout, est un fouisseur : il creuse des terriers et s’installe plutôt au niveau du sol, dans les caves et les rez-de-chaussée. Le rat noir, lui, est un excellent grimpeur qui préfère les greniers et les charpentes. Dans les deux cas, une femelle peut donner naissance à plusieurs portées par an : quelques individus en octobre peuvent devenir une vraie colonie au printemps.
Les signes qui ne trompent pas
Les bruits et les traces
Les rats sont discrets et surtout actifs la nuit. On les entend souvent avant de les voir :
- des grattements et des bruits de course dans les cloisons, les faux plafonds ou les combles, surtout la nuit ;
- des crottes en forme de petit fuseau, d’environ 1 à 2 cm, regroupées le long des murs ou près des sources de nourriture ;
- des traînées sombres et grasses le long des plinthes et autour des trous, laissées par le frottement de leur pelage ;
- des emballages, des câbles électriques ou de l’isolant rongés ;
- une odeur d’ammoniaque persistante dans une pièce fermée.
Rat ou souris ?
La taille des crottes est le meilleur indice : celles d’une souris ressemblent à des grains de riz noirs de quelques millimètres, celles d’un rat sont nettement plus grosses. Les dégâts diffèrent aussi : un rat peut percer un sac de terreau ou ronger une plinthe en bois, quand une souris se contente souvent de grignoter les emballages. Faire la différence permet d’adapter les mesures, notamment la taille des ouvertures à surveiller.
Les points d’entrée à inspecter, du sous-sol au toit
D’après Santé Canada, une souris se glisse dans un interstice à peine plus large qu’une pièce de 10 centimes, et un rat dans une ouverture de la taille d’une pièce de 2 €. La règle est simple : si la tête passe, le corps suit. L’inspection se fait de préférence en plein jour, lampe torche en main, en faisant le tour complet de la maison.
Au niveau du sol et des fondations
Commencez par le bas : fissures dans le soubassement, soupiraux de cave dépourvus de grille, joints dégradés entre le mur et la dalle, bas de porte de garage usé ou déformé. Repérez aussi les terriers creusés contre les murs, souvent dissimulés sous une haie, un tas de bois ou une terrasse en bois.
Les passages de canalisations et de gaines
Les arrivées d’eau, de gaz et d’électricité traversent les murs par des percements souvent plus larges que nécessaire. Ce sont des autoroutes pour les rongeurs. En appartement, surveillez les gaines techniques et les colonnes montantes. Dans les immeubles anciens, le surmulot peut même remonter par les canalisations d’évacuation : un clapet anti-retour installé sur la conduite principale bloque ce passage.
Les ouvertures en hauteur
Le rat noir grimpe le long des façades, des gouttières et des plantes grimpantes. Vérifiez les grilles d’aération, les sorties de VMC, les conduits de cheminée, les rives de toiture et les tuiles déplacées. Une branche d’arbre qui touche le toit lui sert d’échelle : mieux vaut la tailler pour laisser au moins un mètre de vide.
Comment boucher les accès durablement
Une seule règle compte : utiliser un matériau que les dents d’un rongeur ne peuvent pas traverser. Un rat ronge sans difficulté le bois, le plastique et la plupart des mastics.
Les matériaux qui résistent aux rongeurs
- La laine d’acier (ou de cuivre, qui ne rouille pas), tassée dans les trous puis recouverte de mortier, d’enduit ou de mastic. Elle est idéale autour des passages de tuyaux.
- Le grillage métallique galvanisé à mailles fines, de 6 mm maximum, pour protéger les soupiraux, les grilles d’aération et les sorties de ventilation.
- Le mortier ou le ciment pour colmater les fissures de maçonnerie.
- Les plaques et bas de porte métalliques pour les portes de garage et les portes donnant sur l’extérieur.
Les erreurs fréquentes
La mousse expansive utilisée seule est l’erreur la plus courante : elle est rongée en quelques nuits. Autre piège : boucher tous les trous alors que des rongeurs sont encore à l’intérieur. Ils chercheront une autre sortie en rongeant ailleurs, ou mourront dans une cloison, avec l’odeur qui s’ensuit. Si des signes d’activité récente sont visibles, il faut d’abord traiter, puis boucher. Enfin, ne condamnez jamais une ventilation obligatoire, notamment celle d’un appareil au gaz : on la protège avec une grille, jamais avec un bouchon.
Rendre la maison moins attirante
Un logement bien fermé mais rempli de nourriture accessible reste une cible. Quelques habitudes réduisent nettement l’attrait des lieux :
- garder les poubelles dans des conteneurs à couvercle bien ajusté ;
- ne pas mettre de viande, de poisson, de produits laitiers ni de restes gras dans le compost, et grillager le fond du bac ;
- stocker croquettes, graines et céréales dans des contenants en métal ou en verre ;
- rentrer les gamelles des animaux le soir et ramasser les graines tombées sous les mangeoires à oiseaux ;
- surélever le bois de chauffage d’une trentaine de centimètres et l’éloigner des murs ;
- désencombrer la cave et le garage, et réparer les fuites d’eau.
Les risques sanitaires à ne pas sous-estimer
Au-delà des nuits agitées, les rats posent un vrai problème de santé. Leur urine peut transmettre la leptospirose, une infection bactérienne qui se contracte par contact d’une plaie ou d’une muqueuse avec de l’eau ou de la terre souillées. Elle touche environ 600 à 700 personnes par an en France hexagonale, et elle est devenue une maladie à déclaration obligatoire depuis août 2023. Les dégâts matériels ne sont pas en reste : des câbles électriques rongés peuvent provoquer un court-circuit, voire un départ de feu.
Pour nettoyer des crottes ou une zone souillée, portez des gants, humidifiez d’abord avec un désinfectant et ne balayez jamais à sec, pour ne pas mettre en suspension des poussières contaminées.
Qui doit payer la dératisation ?
En location
Le propriétaire doit remettre au locataire un logement décent, ce qui inclut l’absence d’infestation d’espèces nuisibles. Si les rats sont présents dès l’entrée dans les lieux ou s’ils arrivent par un défaut du bâtiment (fissures, réseau d’évacuation), l’intervention lui revient en principe. Si l’infestation résulte d’un mauvais entretien par l’occupant, elle peut rester à la charge du locataire.
En copropriété
Les parties communes (caves, local poubelles, cour, vide sanitaire) relèvent du syndic et donc de la copropriété. Les parties privatives restent à la charge de leur occupant. Le règlement sanitaire départemental impose par ailleurs aux propriétaires et occupants de prendre les mesures nécessaires contre les rongeurs, et la mairie peut mettre en demeure un propriétaire négligent.
Quand faire appel à un professionnel
Boucher les accès suffit lorsque l’on s’y prend tôt. Certains signaux montrent en revanche qu’une colonie s’est déjà installée : des crottes fraîches dans plusieurs pièces, des bruits qui persistent après les travaux, des terriers dans le jardin ou un rat aperçu en plein jour, souvent signe d’une population importante. Les raticides vendus en grande surface posent alors plus de problèmes qu’ils n’en règlent : risques pour les enfants et les animaux domestiques, résistance de certaines populations, rongeurs qui meurent dans les cloisons.
Un professionnel commence par un diagnostic complet : identification de l’espèce, repérage des points d’entrée, estimation de l’ampleur de l’infestation. Il installe ensuite des postes d’appâtage sécurisés et assure un suivi jusqu’à disparition des signes d’activité. Le problème est particulièrement marqué dans les grandes villes traversées par des cours d’eau et dotées d’un réseau d’égouts ancien. Dans l’agglomération lyonnaise, par exemple, un dératiseur basé à Lyon pourra intervenir aussi bien en maison individuelle qu’en immeuble, et conseiller sur les travaux à prévoir pour éviter le retour des rongeurs.
Le bon moment pour agir, c’est maintenant : une heure passée en octobre à faire le tour de la maison, lampe torche en main, évite souvent des semaines de nuits agitées en plein hiver.



